Le mur

20 Fév
Dom2d

Dom2d

On peut bien dire et croire que L’amour est plus fort que l’démon, n’est pas Mickey et Mallory Knox qui veut. L’amour, même le plus pur, suffit rarement. Alors, usés par le quotidien, les attentes, les déceptions, on se retrouve amoureux, mais malheureux. Mais quand l’est-on assez pour se décider à partir ? Quand peut-on se permettre de se dire qu’on sera plus heureux séparé de l’être que l’on aime, malgré tout ?

Pourquoi être partie, Marie-Lune, si ça t’a fait si mal ?

Parce que j’ai rencontré le mur.

C’est cliché, mais vrai de dire que le bonheur en amour est une question de compatibilité. Je savais que nous avions des bagages différents, des expériences de vies différentes. Ce qui ne semblait pas être insurmontable. Ce à quoi j’aurais dû plus m’attarder, dans cette période euphorique du début de relation, c’est notre vision différente du couple et de son avenir. Pourtant je me connais, je me serais lancée quand même, tête première dans l’pas creux. Malgré les alarmes qui retentissaient dans ma tête. Chut chut, on va être heureux, tu vas voir.

Bien sûr que j’ai eu des moments de bonheur. De bons souvenirs. J’aime mieux ne pas avoir de regrets et me dire que ces trois années ont forgé ce que je suis maintenant. C’est plus facile que me trouver complètement conne. Parce que plus le temps passe, plus je doute. Est-ce que je suis restée malgré le fait que je n’étais somme toute pas très heureuse parce que j’estimais que ça valait la peine et que je ne voulais pas baisser les bras trop vite, ou est-ce que je me suis acharnée pour rien sans écouter ma raison ? Comment savoir si on ne fait que s’obstiner alors que rien n’indique que nous serons bien un jour dans cette situation ? Est-ce que l’amour c’est réellement assez fort pour nous faire oublier tout l’reste? Est-ce que j’suis juste une maudite maso ?

Bref, j’ai pris mon p’tit courage et je suis partie. Sauver ma peau, me reconstruire. Et m’amuser. M’amuser beaucoup. Me laisser aimer de toutes les manières possibles. Appréciée. Découvrir ce que j’ai de bien à offrir. Finir par croire en ma valeur (un peu). Remplir le gouffre de plaisir. J’ai un peu regardé en arrière, mais fait un bon en avant. Je suis allé chercher ce que, je crois, je méritais. Je me suis attachée, mais seulement en amitié. Ça m’a fait du bien, de me définir par moi-même et non par le regard de l’autre. L’attention de l’autre. J’ai trouvé tout ce dont j’avais besoin sans être en amour, sans amoureux. Pendant plusieurs mois je me suis sentie bien, libre, légère. Sans cette attente et ces doutes qui tuent insidieusement. Cette boule dans l’estomac.

Mais voilà, les mois ont passé, le fun s’est dilué. L’hiver est arrivé. L’envie de se coller sous la couette. J’étais pourtant prête à passer ces mois arides seule, plutôt que de risquer d’étouffer une nouvelle fois. Quitte à hiverner sur le divan moelleux de mon meilleur ami, à flatter nos plaies.

C’est là que mon coeur a fait NOPE, j’pense pas fille. Un joli portrait, quelques verres bus lentement pour cause de trop de mots, un baiser sur mon balcon trop glissant et ça y était. Le sourire niaiseux, la petite danse dans le salon. Le tsunami de papillons. Well Fuck.

Et maintenant ? Maintenant je suis éperdument amoureuse. Tout est allé à la fois vite et doucement. Magnifiquement simple sans être pour autant ennuyeux. Exaltation d’aisance. Il est magnifique dedans comme dehors. Il est merveilleux avec ma petite personne. Et il m’aime.

Pourtant cette fichue peur qui me retient par les tripes. La peur de briser ce fragile équilibre. Même si l’amour vrai donne envie de se battre pour ce que l’on vit de si rare et précieux. Même si cette fois j’y crois sincèrement, que mes doutes sont futiles. Mais la peur la plus brutale est celle de répéter ses erreurs. Celles pour lesquelles on s’en est voulu longtemps, et encore maintenant. Il y a une certaine injustice à ce qu’une ancienne relation vienne empoisonner la toute nouvelle toute belle. C’est normal et sain que toute expérience influence ce que l’on devient, mais il y a une nuance entre changer, s’adapter et en être brisé. Comment départir la peur de l’alerte ? À quel point on freine son bonheur afin d’éviter de se fracasser contre le mur?

Oui, il faut essayer pour savoir. Prendre un grand respire, se boucher le nez et se lancer. Croire en l’autre. Faire un peu confiance à son jugement et son instinct. J’suis pas SI gougoune, si ?

Souhaitez-moi un atterrissage douillet.

Crédit oiseau : Mon amoureux

Publicités

J’aime les garçons

15 Mar

J’ai peur de te perdre.

C’est con, je sais. L’amitié ne s’évapore pas comme ça, pour un rien. J’ai pourtant cette vision de la nôtre délicate et maladroite. Un filament de toile d’araignée, entravant un corridor passant.

Pourtant, ni toi ni moi ne voulons gâcher ce que nous partageons. Précieux moments, êtres de complément. Si seulement c’était aussi facile à vivre qu’à écrire. Peut-être le défi fait-il partie du plaisir.

J’ai toujours eu plus d’amis garçons que de filles. Question de compatibilité. Ne le prenez pas mal mesdames, mais les filles, en général, soit ça m’énerve soit ça m’intimide.  Le manque de points en communs  et, surtout, l’envie (arrêtez d’avoir des beaux cheveux!).

C’est délicat. Toutefois, je ne choisis pas mes amitiés pour leur facilité, mais bien pour ce qu’elles m’apportent. (Autre qu’une auto ou une piscine. Quoi que…) Je suis plus à l’aise avec les garçons. Je me mets moins de pression, je suis moi-même. En échange, ils ont le droit de ne pas toujours être frais et de faire des blagues salaces. Je sais que le jugement de la gent féminine est principalement dans ma tête, mais ça me fait du bien moi, de passer quelques heures sans me comparer… et me désoler.

Certains diront que c’est un type d’amitié idyllique mais impossible, pour bien des raisons. L’ambiguïté, le désire, l’insécurité de l’autre moitié. Je vous confirme cependant que ce peut être vécu simplement et agréablement. Avec parfois une part de malentendus, de doute et de malaises, mais hey, c’est bien là la beauté des relations!

Malheureusement, la plus part de mes amitiés de ce type ont été abruptement interrompues de même manière : L’arrivée de l’autre.

Je suis en bonne relation, parfois très étroite, avec d’anciennes fréquentations, d’anciens amants et même celui qui a bien failli être mon amoureux, à la place de mon amoureux. Mes relations fluctuent, mais les liens tissés disparaissent rarement. L’élément extérieur venant corrompre le fragile équilibre.

Je comprends que trop bien les débuts de relation avec leurs lot d’adaptation, d’insécurité, l’intimité fusionnelle des premiers instants. Je troque pour l’occasion mes gros sabots pour de petits chaussons. Je ne fais plus pipi la porte ouverte et je ne m’assois plus sur le comptoir de la salle de bain pendant leur douche, question poursuivre la discussion. Je ne m’endors plus sur leur divan et je ne donne à l’avenir que des bisous à la française, à 2 kilomètres des joues. Je retiens mes 12 textes impertinents par jour et les cadeaux impromptus. Bref, j’me calme le BFF.

Toutefois, peu importe l’espace que je laisse ou le tact que je me découvre, tombe quasi immanquablement l’ultimatum : C’est Marie-Lune ou c’est moi. Et, comme dans l’équation ce n’est pas moi qui fournis le volet tout nue, j’y perds automatiquement. Aussi simple et moche que ça. Acheter lâchement la paix.

Alors voilà, oui, j’ai cette peur de te perdre qui me tord parfois le ventre.  Peur de me faire éclipser, malgré mon envie de voir arriver pour toi le bonheur tant mérité. Peur que s’effritent les frontières fragiles de notre amitié. Bien au-delà d’un camarade de rires et d’une épaule stable. Bien plus qu’un bro avec qui je partage délires et éructations en séries.

J’ai besoin de sentir ton dos derrière moi, quand je dois repousser les cauchemars de mes pieds. Eurythmie de mon petit chaos.

Tu m’as promis des maisons voisines sur la plage et des chiens saucisses.

Pars  pas, OK?

Marie-Lune HB

En passant

Soit plus gentil, peuple.

15 Fév

La fois où j’ai failli perdre ma job à cause de Twitter.

Enfin, vraiment eu peur de la perdre. À cause d’un tweet qui se voulait humoristique, mais surtout à cause du manque de jugement et d’humanisme d’un follower. J’ai moi aussi manqué de jugement, j’avoue que c’était pas fort mon affaire, mais quand même.

Il y a quelques semaines, j’ai fait une p’tite blague sur les clients de ma job, de façon déguisée, parce qu’excédée de ma journée de fou. Oui, ça m’a fait du bien. C’est en grande partie à ça que me sert Twitter, à faire sortir le méchant. D’habitude, les gens connaissent mon style, disons, particulier et ne me prennent pas au sérieux. Alors quand le gars, pourtant adepte de mon humour, m’est rentré dedans à coups d’accusations louches, j’ai laissé passer et l’ai tout simplement unfollowé. Pas de temps à perdre avec ça. Mais voilà, il m’a dénoncé à mes patrons. Sur le coup j’ai paniqué, persuadée que j’allais perdre mon travail, surtout qu’il a laissé entendre que c’était son but. Heureusement, je fais super bien mon boulot et j’ai des patrons compréhensifs. Je m’en suis tiré avec un avertissement… et une maudite bonne leçon.

Non, il n’y a pas eu de conséquences graves, mais ça aurait facilement pu mal tourner. Qu’est-ce qui a poussé un inconnu à essayer de faire perdre sa job à une maman, juste avant Noël, pour des principes? Il n’est pas gentiment venu me dire que je dépassais les limites, il n’a pas essayé de connaître mes motifs. Il a tout simplement fait passer son opinion avant le bien-être d’une inconnue, avec un objectif dépassant toutes proportions.

L’importance de penser aux conséquences avant d’agir, c’est de base. Mon fils de 5 ans pourrait vous faire la leçon. (Yé ben bon pour ça.) Mais ça ne semble pas inné pour tout le monde. Parce que malheureusement, j’en ai subi un autre exemple.

Un gars que j’ai fréquenté sporadiquement pendant environ un an, histoire terminée depuis plus de 2 ans. Je suis maintenant en couple, en appart avec mon copain, en amour (fou). La dernière fois que j’ai vu l’autre, le temps d’un verre, c’était il y a un an. Nous étions en plutôt bons termes. Il avait maintenant lui aussi une copine, que j’ai croisée une seule fois, en sa présence. Je me souviens avoir évité son regard, parce que bon, j’avais vu son chum tout nu.

Quelques mois plus tard, comme je n’avais plus de ses nouvelles, je lui envoie un p’tit texto comme quoi je trouvais dommage qu’on ne se parle plus. On s’entendait bien, pourtant. Je reçois comme réponse que, pour ça,  je devrais commencer par arrêter de regarder sa blonde tout croche. Huh? Comme je ne l’avais jamais revue, je me suis dit qu’elle s’était sûrement trompée et j’ai laissé filer.

Un bon six mois plus tard, je reçois un message de monsieur qui m’ordonne d’arrêter d’harceler sa blonde. ReHUH? Même aujourd’hui, je ne sais toujours pas de quoi elle m’a accusée. Il  a avoué qu’il n’y avait aucune preuve écrite ni témoin. Il était pourtant convaincu que je passais par sa blonde pour l’atteindre, toujours éprise de lui. Oui, un texto et un  » Bonne fête  » en 1 an, méchante obsédée chose! J’ai donc été prise dans une situation kafkaïenne, à me défendre de je sais pas quoi, contre un paquet de pas de preuves. J’ai bien essayé de le raisonner, mais rien n’y a fait. Je n’ai eu droit à aucune explication ni bénéfice du doute. Ho well, me dis-je. C’est dommage pour lui, mais s’il se laisse manipuler aussi facilement, tant pis!

Mais voilà, Mme ne décroche pas. Elle répand ses fabulations autour d’elle. Tellement prise dans ses mensonges qu’elle a même osé me dire  » d’aller me faire soigner « , en public, sur Twitter. C’est à ce moment que j’en ai eu assez. Mentir à son chum par insécurité est une chose, répandre de fausses rumeurs est illégal. J’ai donc dû prendre des dispositions avec mon avocate pour une mise en demeure en diffamation et harcèlement psychologique et en ai avisé le couple super sain concerné. Je garde le document en stand-by. Jusqu’ici, tout va bien…

Encore une fois, pas de dommages graves. Mais je ne peux m’empêcher de me demander : Et si? Et si mon copain avait cru son histoire? J’aurais pu le perdre et avoir à déménager, avec mon fils. J’aurais pu perdre des amis, des connaissances, mon emploi, être humiliée. Il y a peut-être parmi ses followers des gens que j’aime et respecte, des collègues, de futurs employeurs. Le doute est insidieux et peut se propager rapidement.

Alors voilà, peuple. De grâce, penses avant d’agir, d’ouvrir ta bouche. Pense à Marie-Lune HB, persécutée. Oui bon, ou pas. Mais un p’tit peu d’empathie, ça fait toujours du bien. Batinsse.

Ej vous aime pareil.

Marie-Lune HB